Clinique de l'allaitement

Publié le 28 mars 2026 à 21:44

Le Reflexe d'Ejection Dysphorique, kézako?

Le Réflexe d’Ejection Dysphorique: quand dopamine et ocytocine dansent leur danse dysphorique…

L’allaitement maternel présente indéniablement de nombreux bénéfices pour la mère et l’enfant, mais parfois certaines femmes ressentent un mal-être, une dysphorie intense lors de l’éjection du lait : le Réflexe d’Ejection Dysphorique (RED).

Il se caractérise par une vague soudaine et transitoire d’émotions négatives survenant juste avant le réflexe d’éjection du lait . Ces sensations durent généralement entre 30 secondes et 2 minutes, puis disparaissent spontanément.

Alia Macrina Heise (chercheuse américaine et consultante en lactation) le décrit pour la première fois en 2007. Elle crée le site www.d-mer.org afin de sensibiliser le public à cette affection et d’apporter un soutien aux mères. En 2017, elle a publié le premier ouvrage consacré à ce sujet.

Bien que différent d’une dépression post-partum, il contribue parfois à une grande détresse psychologique et à l’arrêt prématuré de l’allaitement. Le soutien de l'entourage et de professionnels de santé doit être maximal.

Il existe plusieurs stratégies d’adaptation : relaxation/méditation, cohérence cardiaque, portage,  peau-à-peau, massages, sommeil suffisant et alimentation équilibrée. Ces méthodes favorisent le retour de l’effet apaisant de l’ocytocine ainsi rééduquée à son rôle de bien-être et la stabilisation de la dopamine. Le soutien émotionnel et la compréhension du mécanisme physiologique réduisent la culpabilité de cette ambivalence émotionnelle et restaurent la confiance en soi.

L’acupuncture, à raison de plusieurs séances, apporte également de bons résultats (sujet de mon mémoire d'acupuncture).

 

© 2026 Anthune Alissar. Tous droits réservés. Toute reproduction, diffusion ou utilisation de ce texte, même partielle, est interdite sans autorisation écrite préalable.


Allaitement et Douleurs

 

*étude basée sur mon mémoire de DIU lactation

Les douleurs au niveau des mamelons constituent un problème fréquent qui peut entraîner un arrêt prématuré de l’allaitement, malgré les bienfaits largement reconnus de cette pratique.

En réalité, plus de 85 % des femmes rencontrent des douleurs, souvent dès les premiers jours. L'intensité de ces douleurs varie (souvent confondues avec "sensibilité"), mais elles demeurent généralement modérées.

Ces douleurs tendent à diminuer au cours des premières semaines, avec une moyenne de disparition en 8,5 jours, et s'éclipsent complètement au 11ème jour dans plus de 70 % des cas. Cela s'explique par l'efficacité des conseils prodigués en maternité et par un accompagnement approprié.

Cependant, une proportion significative de femmes continue de ressentir ces douleurs après un mois, ce qui peut parfois impacter la poursuite de l’allaitement.

Différents facteurs, tels que l'expérience, la préparation, le vécu de l'accouchement, les troubles de la succion ainsi que l'image et l'histoire corporelle, jouent un rôle dans cette situation.

Il est indispensable de bénéficier d'un accompagnement précoce et adapté, car cela peut aider à prévenir ou à atténuer ces douleurs, facilitant ainsi leur prise en charge. Cela favorisera également une meilleure réussite de l’allaitement.

 

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